"Voilà un bon endroit pour travailler, non?" Ce titre emprunté à une correspondance avec Paul de Roux, poète et ami de Jacques Bibonne, est une bonne introduction au choix des travaux exposés et à la présence si déterminante des lieux dans l’œuvre de Jacques Bibonne. Paysages du Tertre, dans le Perche, de la Drôme, de la Slovaquie, vues de Tolède, tous ces lieux assidûment fréquentés, parcourus par le peintre sont autant d’ouvertures sur le paysage que redécoupent la croisée des fenêtres, le drapé d’un rideau. Théâtre du regard, sorte de camera obscura, où se déploie la vision du peintre, depuis l’intérieur secret de l’habitat jusqu'à l’ouverture sur le paysage représenté dans une délicate géométrie de formes et de couleurs, aux dominantes vertes et jaunes, paysages comme tenus à distance et maintenus dans une sorte d’étrangeté calme. Un choix de collages complète et accompagne les aquarelles réalisées in situ, les gouaches, dessins et huiles sur toile.
Tout aussi secret et privilégié, est l'endroit où demeure Jacques Bibonne, au pied de Montmartre, la Cité des fusains, où a vécu Pierre Bonnard. L'atelier recèle une collection d’objets, cailloux, livres des amis poètes, toiles, toute une archéologie de trouvailles qui sont une autre facette de son travail. C’est cette œuvre discrète mais d’une forte et tranquille présence que nous vous invitons à découvrir à l'écrit du regard.